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Collaboration :
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  Monique Thouin

Réalisation :
  ÉditiQue SM


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Dépôt légal


    Extraits de entre la lettre et l'esprit,
    Éditions Trois-Pistoles, 2001

    Journée mondiale de la poésie
    21 mars 2002, au Cabaret Juste pour rire

    Festival de poésie de Caraquet
    Octobre 2004

    Sauterie poétique à la Méduse
    Pour le 30ième anniversaire du journal Droit de parole
    Québec, 18 juin 2005



pour que finisse l'abêtissement de l'humanité
par ceux qui profitent de son ignorance

je dépose ici la plainte des analphabètes
qui ne sauront jamais de quel oxygène de quel carbone
est constitué leur cri


la mémoire du monde naît avec l'écriture
entre l'alpha et l'oméga toute l'histoire du monde
la vie commence par un grand A
et notre dernier souffle finit toujours par entrer
dans le tunnel éblouissant d'un tout petit O

quand on ne sait écrire ni A ni O
comment trouver l'esprit de ces deux lettres pour dire
que le mal d'un être humain sur deux
est de ne savoir ni lire ni écrire

entre la lettre et l'esprit
toujours garder en mémoire qu'il faut choisir les deux

la mémoire des analphabètes c'est leur cri
et leur frêle avenir est toujours suspendu à leur soif de savoir
aucun être humain n'est vraiment libre sur cette Terre
s'il est analphabète
pour tout analphabète le silence est une bombe à retardement

passée du pictogramme au pixel
l'écriture fait partie du marché mondial de la liberté
la connectivité s'écrit en profits chiffrés
le commerce de l'avenir sera la traduction simultanée
de toutes les langues de la Terre en une seule langue universelle
les mots sont changés en numéros
la raison des chiffres fait taire le coeur des mots

le sommet des peuples se grimpe en un cri
au Sommet des Amériques les chefs d'État ont lu écrit et signé un pacte
commercialisant la liberté des peuples
consacrant la démocratie comme bien public à leur merci

le Sommet des peuples est le socle d'argent
sur lequel ne repose plus en paix la statue de la Liberté

le statut de liberté d'un individu
c'est sa faculté de décliner toutes les lettres de son alphabet
le mot démocratie ne deviendra une réalité
que le jour où sept milliards d'humains pourront le lire et l'écrire
cela pourrait arriver quand à la place des fusils et des canons
on donnera à tous les humains des crayons et des claviers à lettres

il y a cent mille ans sur cette jeune planète
il y avait autant de langues que d'humains
aujourd'hui cinq milliards d'êtres humains
parlent avec peine une centaine de langues
le milliard qu'il reste en parlent cinq mille
j'écris pour ceux-là qui ne me liront jamais

les racines de notre langue française chérie
ont trempé dans la chaude Méditerranée
entre Rome dont les chiffres sont des lettres
quantifiant siècles et chapitres de livres et
Athènes où Prométhée inventa l'alphabet
source patrimoine et premier transporteur
de l'expression de la culture occidentale

les racines du nouvel alphabet planétaire
écrits en arabe sont les chiffres zéro et un

les langages de l'humanité d'aujourd'hui
tiennent deux cents fois plus de l'oralité
que de l'écriture manuscrite ou pixellée
et l'Afrique qui n'écrit pas crie au secours
entre le mot dit et le mot écrit un canyon
pareil à celui qui sépare pauvres et riches

de la langue des peuples sous-développés
il ne reste plus que mille miettes séchées
mais celle des pays du G8 est prospère
elle ne s'écrit qu'en gras signes de piastre
et l'humanité des actionnaires cybernautes
pur clone des prédateurs de l'âge de pierre
échange déjà des fusils contre des logiciels
des mac et des pc contre des terres arables
des crédits agricoles contre des polluants

si l'est et le sud sont frappés de famine
c'est que la soupe à l'alphabet
entrée universelle passeport de l'ouest et du nord
n'y est pas encore servie
et plus la culture plat principal des pays lettrés
se numérise se logicielle se courrielle se photoshoppe
moins les illettrés sont invités au festin du savoir

plus il y a de monde moins il y a de langues
car depuis quatre cents ans nos Amériques
ont perdu huit cents langues autochtones
tous les quinze jours une langue se meurt
et il est écrit que dans moins de cent ans
la moitié des six mille langues et dialectes
que parlent les êtres humains auront disparu
et pourtant la diversité des langues parlées
est la richesse des cultures de l'humanité

une centaine de langues s'écrivent encore
demain on n'en parlera plus qu'une dizaine
avant que s'achève ce millénaire si avide
le monde ne parlera plus que trois langues
déjà trois langues uniques n'en font qu'une
l'argent la langue anglaise et le code binaire
cette trinité n'est un mystère pour personne
l'argent mène le monde et les conquérants
possèdent l'argent et la langue des conquis
de même que la clé de la langue universelle
la langue numérique du génial code binaire
clé qui ouvre la porte de la nouvelle Babel

à l'heure où les deux tiers de l'humanité
ne jouit pas des gros profits de l'économie
à l'instant où la moitié des êtres humains
n'ont pas le téléphone ne savent pas écrire
faut-il apprendre cette langue universelle
au pied de la lettre et cybercultiver toute la Terre

le paradis tiendrait-il enfin dans une puce
pas plus grande qu'un simple timbre-poste
est-ce la lettre qui a perdu l'esprit ou bien
la langue à numéros qui nous le fait perdre

l'écriture naît avec l'élite mais à son profit
au Kébèk une personne sur quatre ne lit pas n'écrit pas
mais au Kébèk il y a plus de poètes que de lecteurs

pourquoi écrire quand il n'y a plus de papier

dans cette belle Babylone
belle Babel tout habillée d'argent et d'or
et qui se mire dedans et qui se mire dedans
narcisse à la boutonnière s'encense de s'y mirer
le prix de l'or jaune est encore à la baisse
et le nouvel eldorado est le dernier logiciel
sur le marché des virus pollueurs de la pensée

devenu de l'or rouge le sang des hommes
s'échange sur le marché contre de l'or noir
l'or noir pollue la transparence de l'or bleu
et la soif du monde est à marée aussi haute
que le marchandage des glaciers fondants
la pollution de l'or bleu contamine l'or brun
l'or brun des terres arables infecte l'or vert des forêts
coupées à blanc avec des scies à mercure
et les poumons de la planète sont perforés
SOS le toit du monde est percé
en tombent les eaux d'un ciel acide et oxydé
SOS l'air n'est plus qu'un four à gaz
SOS l'eau potable se raréfie
il faut laver la terre à l'eau de Javel
et le papier coûte toujours la peau des fesses
les sales seigneurs de ce monde
dont l'esprit et le coeur sont pollués
sont propriétaires de tous les éléments
du ciel de la terre et des mers
pour tuer leur propre mère
apatrides apathiques monoglottes à numéros
ivres de mondialisation leurs transnationales
placent leur centre partout et leur périphérie
est à trois puces du grand nombril de Dieu
le savoir-vivre de cette civilisation explosive
stroboscope sa promotion en lettres de néon
usine à stress à burnout et à vouloir mourir
l'air poivré de la liberté ne se respire qu'avec un masque

le monde se laisse dévorer par son ombre

pouvoir écrire son nom est la première liberté

dans cette belle babel où les nombres entiers
ont déjà remplacé une moitié des alphabets
le pouvoir universel de la langue numérique
orgueilleux et ogre projet des organisations
dont les viles tendances totalitaires croissent
hypothèque déjà l'évolution de l'humanité
mais le sauvage darwinisme social qu'il prône
respecte-t-il cette riche variété de nos cultures
des hégémonies en liberté et des pays esclaves
peuvent-ils partager les mêmes espérances

parce qu'ils ne connaissent encore ni a ni b
plusieurs souverains ou régents de ce monde
ne savent pas écrire leurs nom et prénom
ni celui de leur humble royaume de misère
le bien-être international achète leur dette
même des rois signent des chèques en blanc
aux pillards de leur nature et de leur culture
la dignité est en vente dans les dollaramas
la liberté n'est plus qu'une laisse en argent

et l'on demande au poète pourquoi il écrit
entre la lettre et l'esprit je choisis les deux
entre le papier et le pica je choisis les deux
les chiffres sont reflets les lettres réflexions

derrière les chiffres qui leur donnaient sens
les choses s'estompent les hommes s'effacent
sur les panneaux et les encarts publicitaires
sur les écrans cathodiques du monde entier
les lettres ne sont plus que géantes images
les images font des humains de viles choses
de plus en plus les images mangent les mots
dans la balance en argent pesant l'économie
les mots ne pèsent pas plus que des plumes
et le vol des oiseaux ne sera plus que virtuel
bientôt on verra plus d'oiseaux sur nos écrans
que sur les branches des arbres centenaires
qui volent en éclats avec mille livres dedans

la superficie de ce monde pullule d'artifices
l'extase la santé le look s'achètent en pilules
sur la cybertoile vie et mort se vendent vite
les sacrifiés sur l'autel du libéralisme global
écopent du choc entre culture et commerce
et la connectivité de tous les êtres humains
est l'enjeu du marché mondial de la liberté

si un mot est un David avec son seul caillou
trois milliards de David lancés à la fronde
feraient une montagne garrochée sur Goliath

sans littérature vivante pas de démocratie

sans littérature imputable une nation saine
ne peut évaluer les richesses de sa culture
sans la souveraineté de sa langue un peuple
ne peut évoluer vers la clarté de son identité

dans un monde où liberté vie et démocratie
sont des mots traînés dans le sang et la boue
par les junkies de la finance du fisc de la ZLÉA
par les fadas de la publicité les polices à gaz
les Chrétien vendant notre eau bénite aux USA
pourquoi pour qui et comment faut-il écrire
quand on ne peut décrypter le code d'entrée
pour inoculer un virus d'humanité mondiale
dans le cerveau artificiel des grands pilleurs
qui profanent tout ce qu'il nous reste de sacré

pourquoi écrire si les mots sont de l'opium
fumé par les peuples allongés dans le dortoir
aménagé sur des écrans par des marchands
pourquoi écrire si l'on ne peut mettre fin
au clonage des mentalités sur toute la Terre
et comment couler du sérum dans ses mots
pour l'injecter dans les veines d'un peuple
qui laisse mourir d'anémie sa souveraineté
pourquoi écrire quand on avale sa langue
et que le français parlé en vingt-six pays
ne sera bientôt qu'un dialecte folklorique
j'écris pour donner de l'oxygène à mon cri
j'écris pour que mon cri refasse le Big Bang

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